Autrement a besoin de vous. Vous homos, vous hétéros. Vous propriétaires de chambres d’hôtes et d’hôtels, vous utilisateurs du site Chambres à Part. Vous tous qui avez un avis sur toute question relative à l’homosexualité. Ou qui n’en n’avez pas encore.
Nous sommes en effet au bord de la crise existentielle. Jusqu’au lancement du site Chambres à Part, nous avions fait l’effort de repérer des hébergements « Gay friendly » lors de chacune de nos visites. Pour les identifier, nous posions tout simplement la question aux propriétaires eux-mêmes, en leur demandant si 1/ ils acceptaient la clientèle homosexuelle 2/ ils acceptaient que le terme « Gay friendly » apparaisse sur la page web que nous écrivions pour les présenter.
La démarche est délicate, voire maladroite. Tout d’abord, parce que la première question est – posée comme ça – soit naïve, soit stupide : il est tout simplement illégal, et c’est heureux, de refuser la clientèle homo. La seconde est très limitative : l’idée n’était pas de ghettoïser ces adresses, en éloignant une partie de la clientèle hétéro, qui pourrait (à tort) prendre peur devant cet affichage.
Et pourtant on sent bien qu’il y a au moins deux besoins clairement identifiés. Le premier, c’est de mettre en avant, pour certaines adresses, l’idée que la clientèle homo sera réellement bien accueillie. Soit parce que les hôtes le sont (homos), soit parce qu’ils assument cette idée, finalement pas si courante, de savoir recevoir les gens du mieux qu’ils peuvent, quelles que soient leurs préférences sexuelles.
Le second, et là ça devient franchement plus délicat, c’est que certains hôtes ne sont pas réellement enclins à recevoir des homos. C’est illégal (et à nos yeux assez lamentable), mais il y a un côté « je suis patron chez moi, c’est quand même dans ma maison que vous allez passer la nuit » qui peut créer un malaise chez certains. D’où, au passage, c’est bonne vieille technique qui consiste à « sélectionner » ses clients au téléphone, en posant la bonne question au moment de la réservation.
Au début, nous avons été tentés de pointer du doigt ces adresses. Ne serait-ce que pour informer la clientèle homo qu’elle ne sera pas nécessairement bien reçue dans tel ou tel hébergement. Et puis on s’est ravisés : nous ne sommes pas des censeurs, nous n’avons pas à nous ériger en donneurs de leçons sur le sujet, même si l’attitude de certains nous choque franchement.
Bref, on en est là : faut-il, oui ou non, afficher ce tag « Gay friendly » sur certaines adresses qui assument cette appellation ? Qu’en pensent les homos ? les hétéros ? les proprios ? Doit-on aller jusqu’au tag « Hétéros seulement » (sic) ?
Nous creusons le sujet de notre côté, en interrogeant des clients (homos, hétéros) et des hôtes (idem..). Mais votre contribution sera précieuse.
Michel
PS : non, malgré les pressions, nous ne ferons pas de sujet sur la clientèle Bi


